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Économie > Comptes publics & budget de l’État > Baisser les dépenses publiques pour restaurer la croissance

Entretien avec Ansgar Belke

Baisser les dépenses publiques pour restaurer la croissance

vendredi 14 mai 2010 - Ansgar Belke

Que nous apprennent les expériences antérieures d’assainissement budgétaire ?

Que tous les outils de politique budgétaire ne sont pas équivalents. Il est faux de penser que tailler dans les dépenses ou augmenter les impôts revient au même pour équilibrer un, budget. Deux chercheurs italiens, Alberto Alesina et Silvia Ardagna, ont étudié 21 pays de l’OCDE sur presque quarante ans pour mesurer les effets des différentes politiques budgétaires dans les moments de crise, aussi bien les phases d’expansion que les phases de contraction. Pour nous en tenir à ces dernières, puisque votre question porte sur la réduction des déficits, ils ont constaté que ce qui marche le mieux, c’est une baisse significative des dépenses et pas de hausse des impôts. Dans certains cas, une légère baisse des impôts est même bénéfique.

Mais la baisse des dépenses n’entraîne-t-elle pas une chute de la croissance économique ?

Ce n’est pas ce que l’on constate. Après un certain tassement initial, il se produit ce que l’économiste portugais Antonio Afonso appelle une « contraction budgétaire expansionniste ». À long terme, une baisse des dépenses de l’État se traduit par une augmentation de la consommation du secteur privé. Et c’est d’autant plus vrai en période d’assainissement budgétaire.

Comment expliquer ce phénomène

Les gens sont extrêmement sensibles aux perspectives de long terme sur leur revenu. S’ils voient que le gouvernement dépense toujours plus, ils anticipent une hausse des impôts et ils épargnent une part plus importante de leur revenu. L’effet multiplicateur de la dépense publique est amoindri par ces réactions. On le voit dans les phases de relance, où les revenus supplémentaires sont mis de côté, et aussi dans les phases d’ajustement budgétaire. Sauf si le plan est très crédible.

Par exemple ?

Remonter l’âge de départ à la retraite à 67 ans et l’inscrire dans la Constitution, ou encore s’imposer un objectif de déficit structurel proche de zéro à partir de 2016 comme l’a fait l’Allemagne, ça, c’est crédible. La preuve, on a commencé à.. voir apparaître des effets d’expansion de la demande privée allemande. À l’inverse, une politique budgétaire erratique, avec des changements de cap constants, cela décourage les agents économiques.

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Propos recueillis par Sophie Gherardi, article paru initialement dans le journal La Tribune, scanné et mis en ligne par nos soins.

Forum

  • Baisser les dépenses publiques pour restaurer la croissance
    samedi 15 mai 2010, par Libéral

    Il est urgent que le message de cet article soit plus largement diffusé et que les économistes comprennent que les anticipations des individus ont plus d’importance que les politiques elles-mêmes. Quand je lis l’interview dans le monde de Patrick Artus, qui déclare que la seule manière de sortir de la crise de la méga dette souveraine est d’aligner l’impôt sur les revenus du capital sur ceux du travail, sans que l’on en comprenne le fondement intellectuel si ce n’est l’opportunisme évident d’essayer de renflouer des états providence à bout de souffle, on a un sentiment de désespoir. Ci après le lien http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/15/les-marches-sont-pour-une-fois-raisonnables_1352138_3234.html

    L’anticipation de tous les détenteurs de capitaux dont je suis est simple : il est urgent de s’en aller et d’exporter les capitaux vers des cieux où les dirigeants et leurs conseillers sont moins fous, afin de les investir dans des entreprises porteuses d’avenir et capables de rémunérer légitimement les actionnaires pour les risques qu’ils prennent. Et sûrement pas d’attendre que ces capitaux soient taxés au delà du raisonnable (i.e. les dividendes sont déjà taxés à l’IRPP et les plus-values à 29% dont 12% de contributions sociales sans aucune justification). La conséquence de la proposition de Monsieur Artus est qu’entre l’ISF, la suppression du bouclier fiscal que la gauche fera immédiatement et que tous les bénéficiaires anticipent, et la perspective d’une confiscation des revenus du capital (alors que ces derniers devraient être au contraire encouragés pour répondre à l’insoluble problème des retraites par répartition), nous allons assister à un exode massif des capitaux et à une paupérisation accélérée de la France.

    Quand je pense que ce sinistre Monsieur enseigne même à l’école polytechnique. On comprends mieux pourquoi toutes nos élites et pas seulement les nuisibles énarques sont contaminées par ces pensées keynésiennes, interventionnistes et confiscatoires.


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