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Comment la France a ruiné son agriculture
mardi 27 juillet 2010 - Nicolas Baverez

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« En dépit de leurs atouts et du dynamisme de la demande, l’agriculture et les agriculteurs français sont sinistrés. Le secteur, qui génère 4 millions d’emplois, constitue un pilier majeur de l’économie française. Il dispose du meilleur potentiel en Europe, alignant 30 millions d’hectares, des pôles d’excellence dans la consommation de masse et le luxe, une recherche traditionnellement forte, une industrie agroalimentaire et une distribution puissantes. Pourtant, ses performances se sont effondrées, avec une chute de 9,1 à 6 milliards d’euros de l’excédent commercial en 2009 qui ravale notre pays au troisième rang européen, très loin derrière l’Allemagne. Le décrochage est particulièrement brutal dans les céréales (- 24 %), les vins et champagnes (- 22 %, alors que la consommation mondiale a progressé de 15 % en une décennie), les produits laitiers et les fromages (- 16 %). Dans le même temps, le déficit se creuse fortement pour la viande (quand les exportations allemandes de porc ont bondi de 35 % en cinq ans) comme pour les fruits et légumes. La conséquence immédiate est une violente crise du revenu des agriculteurs, qui a diminué de 34 % en 2009 après avoir perdu 20 % en 2008, malgré le déversement de 11 milliards d’euros de subventions européennes. La compétitivité de l’agriculture française a été ruinée par l’étatisme, le malthusianisme et le protectionnisme promus par les pouvoirs publics et les syndicats. Au lieu de s’adapter à l’évolution inéluctable de la politique agricole commune en raison de l’élargissement et du redéploiement du budget de l’Union vers les politiques de soutien de la compétitivité, gouvernements et représentants du monde agricole ont lutté pour ériger l’agriculture et l’Europe en forteresses, coupées des marchés et des consommateurs. Les prix se sont envolés sous la pression des coûts du travail, de la multiplication des réglementations et des taxes, de la surévaluation de l’euro enfin. Le secteur est passé sous complet contrôle de l’Etat, qui mobilise un nombre de fonctionnaires supérieur à celui des exploitants pour gérer quelque 300 procédures de subventions accaparant le tiers du temps de travail des producteurs. L’économie subventionnée est allée de pair avec la promotion de l’agriculteur jardinier du paysage au détriment du producteur. Le Grenelle de l’environnement a porté le coup de grâce en interdisant de fait les OGM, provoquant le déclassement de la recherche française dans les biotechnologies.
L’agriculture, à l’image de l’appareil productif français, n’est nullement condamnée mais doit produire, investir et innover dans la mondialisation. Les exploitations doivent être concentrées et spécialisées, à l’exemple des pays d’Europe du Nord. Des filières de production ont vocation à être mises en place comme en Allemagne, avec une négociation contractuelle intégrant le partage de la valeur ajoutée. L’évolution des besoins et des goûts des consommateurs gagnerait à être prise en compte, notamment dans le secteur viticole, où la complexité des appellations et l’envolée des tarifs se sont conjuguées pour faire la fortune des exportations des Etats-Unis, de l’Argentine, du Chili et de l’Australie dont les parts de marché mondiales ont progressé de 20 à 31 % en dix ans. Les subventions européennes devraient être régionalisées, distinctes selon les types d’exploitations (intensives, intermédiaires, hors sol, touristiques...) et dirigées vers la production à travers le développement des mécanismes contractuels et des marchés. Enfin, la recherche et les investissements dans les biotechnologies doivent être libérés. L’étatisme et le corporatisme ont écarté l’agriculture comme la France du tournant de la mondialisation. Leur salut ne se trouve pas dans la réhabilitation de l’économie administrée, mais dans la reconstruction d’une offre compétitive tournée vers les consommateurs du XXIe siècle. »
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Forum
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Je vois pas mal de non-sens dans certains commentaires. Quand on voit OMC, subvention ect et libéral dans une même phrase , il y a un problème.
De mon point de vu, il est evident que les agriculteurs portent sur leurs dos un nombre incalculable de parasites (chambres d’agriculture, safer, ... bureaucratie européenne ect ect et un des pire (au sens rapport qualité prix) système de protection sociale (MSA) et j’en passe.
Apres du point de vu de leurs tords, il est évident que les subventions de la Pac ont adoucie la mutation de l’agriculture de ces 20 dernières années, Il aurait sans doute mieux fallu une vrai libéralisation qui aurait rapidement fait le ménage depuis longtemps ,ce qui eviterait que certains agriculteurs (et je les plein) continue de bosser 70h/ semaine pour ce faire un RMI.
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L’omc n’a pas valider l’exception agricole de Chirac comme pour la culture c’est un choix libéral. Les subventions (directes indirectes, on peut même dire la gestion des excédents sous forme d’aide humanitaire) sont la solution que les Etats Unis ont pris dans les années 80 pour maintenir leurs marchés agricoles ouverts et dénoncer le marché fermé Européen, aujourd’hui l’Europe, l’Australie les Etats Unis subventionnent leurs céréales (donc indrectement leurs élevages), c’est pas compliqué. La chine taxe à 100% les importations de lait, mais l’omc c’est fou, c’est vrrai
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Le problème en France (et dans beaucoup d’autre pays...), c’est qu’on refuse de changer d’emploi. Aujourd’hui, si des agriculteurs se retrouvent avec 500€ par mois pour survivre, c’est qu’ils ne devraient pas être agriculteurs. Ils devraient vendre leurs champs, leurs maisons à la campagne, et aller travailler en ville. Oui, c’est dur, mais si on avait pas fait ça dans le passé, on serait encore à 80% une nation agricole... avec un niveau de vie du moyen-age !
Bien évidemment aujourd’hui, à cause du SMIC, les taxes etc., le chômage est très élevé... et donc les agriculteurs ont beaucoup de difficultés à changer de métier. Raison de plus pour s’attaquer à l’étatisme !
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Vous avez jamais été patron, l’endettement vous connaissez ?, une entreprise c’est des investissement, quand le secteur coule vous pouvez trouver un échappatoire en valorisant sous une forme immobilière pour certains mais pas partout si votre voisin coule qui va acheter vos tracteurs, changer de boulot c’est facile mais repartir avec 200 000 ou 300 000€ d’emprunt sans avoir droit au chômage c’est autres choses, j’ai travailler 3 mois en Irlande et aux Pays-Bas, j’ai un BTS sur ma ferme je suis comptable, mécano véto, chef de culture, éleveur, je me débrouille en anglais, vous nous prenez vraiment pour des idiots et je suis pas sur de votre polyvalence
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Si les ogms sont géniaux pourquoi le marché américain des céréales avec un dollard offrant 30 % de compétitivité gratuite est il supérieur à l’Europe, la rentabilité des ogms est nul. 9a c’est la réalité pas de l’idéologie d’un progrés constant (ou est l’avantage d’une carte plutôt que d’une clef à votre voiture si ce n’est dans votre égo), la modification génétique n’est pas une finalité biologique juste un potentiel et encore si on maitrise l’ensemble des paramètres à côté de cela la prévision météo sur un an est d’une simplicité enfantine. Mais en cas de problème sanitaire comme pour la vache folle, y aura pas de chercheurs d’industriels ou de politiques pour nous soutenir, les seuls couillons à payer la casse ce sera les paysans comme d’hab. C’est marrant cette perpétuel honte du modèle français fâce aux états unis, si tout le monde avait eût notre modèle la crise financière n’aurait pas eût autant de conséquences, ça sert à rien de culpabiliser tout le monde pour rassurer sa foi en la supériorité anglosaxonne
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Pourquoi tant de haine non argumentée ? Si les OGM n’étaient pas intéressants, pensez-vous que ces dizaines de millions d’agriculteurs à travers le monde les utiliseraient ?
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Parce que l’objectif des ogms c’est de privatiser le vivant, pas de nourrir la planète et parce qu’ils ne servent à rien, les parasites mutent et deviennent résistant, si ce n’est pas le cas, un autre prend sa place en pire, il y a tellement de solution inexploité, la France est première sur les marqueurs génétique j’insémine des vaches avec des taureaux dont le profil est déterminé 1 moi après sa naissance, c’est justement parce qu’on ne choisit pas la simplicité qu’on trouve de bonnes solutions. j’ai pas besoin de cultiver des plantes qui par leurs résistances à un désherbant concentre une molécule et au final favorise la résistance des adventices (mauvaises herbes) à cette molécule (j’ai déjà de gros soucis de résistance avec les antibiotiques, variés les molécules mêmes pour les cultures, plutôt que des gènes est plus sur).
L’approche global des ogms est nul on ne tient jamais compte que le vivant est dynamique, faut toujours varier. Au canada des cultivateurs regrettent, en Inde aussi deux fois plus d’insecticide, aprés qui vous dit qu’une sélection par marqueur n’aurait pas été plus éfficasse ?
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C’est triste de voir de pareils argumentaires complètement déconnectés de la réalité. Il est évident qui si l’économie de France est dans ce triste état c’est en raison du commerce mondialiste libéral qui à force de mettre ses industries et son agriculture en concurrence avec des esclaves sous payés et sans protection sociale dispersés dans le quart monde a entrainé leur ruine ainsi que la diminution de leurs emplois. Ce Monsieur chantre du libéralisme ne se rend pas compte qu’il a vécu grassement -comme de nombreuses élites parisiennes- aux crochets de l’Etat et des travailleurs. Quand à l’Agriculture française il est évident que dans des domaines importants pour la santé publique les réglementations ont été insuffisantes : les pollutions des eaux souterraines de surfaces et marines par les engrais et les pesticides, les contaminations des aliments par les pesticides, les contaminations des terres par les excédents d’engrais de pesticides et déjections animales en sont quelques exemples.
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L’agriculture est à l’image de la société, on a aussi des rôles positifs pour les villes en valorisant les boues et les déchets verts, mais c’est compliqué. La chimie permet aussi de limiter la main d ’œuvre et le travail ingrat du désherbage manuel des temps jadis. Par contre je félicite le modérateur, c’est rare d’être libéral est d’accepter la critique, il y a une part de vrai, les subventions sont une bêtise, on a fait que copier le patch au libéralisme américain en 1992 sous la pression de l’OMC et il vrai qu’à perpétuellement complexifier la fiscalité et les subventions ont avantage plus les riches qui ont les moyens d’avoir des comptables et les lobbyismes qui créent des niches, par exemple 300 € de subvention sur le maïs et 0€ pour la luzerne et la betterave fourrage historique en hivers en basse Normandie de 1992 à 2005. Quitte à avoir autant de fonctionnaire je préfère avoir plus d’infirmières, profs ou policiers que de bureaucrate me snobant parce que entre la traite la moisson et le reste je dois aussi connaitre mieux qu’eux les règles (ils ont droit à l’erreur, nous non)
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c’est de l’idéologie, je suis paysan c’est un peu plus compliqué, un point que tout le monde oubli c’est l’artificialisation des sols, en 3 ans la France a détruit autant de champs qu’elle ne le faisait sur 10 ans et sans champ...., Un autre point les charges sociales mais pas comme ce monsieur en parlerait, la mondialisation profite à ceux qui exploite le mieux les immigrés, on a une morale, l’Allemagne et les pays du nord beaucoup moins.. L’Europe c’est construite en ouvrant ces marchés avec des pays souhaitant augmenter leurs niveaux de vies et aujourd’hui son objectif est clairement de le diminué pour être compétitif, c’est un mouvement de récession camouflé par l’emprunt perpétuel, au service de ceux qui n’ont pas de frontière, non pas les capitalistes mais les opportunistes riches (le capitalisme c’est d’abord le droit à la propriété l’expropriation des paysans du sud pour l’huile de palme ou le régime chinois ne dérange pas l’OMC le FMI et la finance). Je préciserai que les états unis ont subventionnés 4 fois plus le secteur laitier que l’Europe, à cause de la crise du marché à terme, si ils avaient été plus libéraux (sans intervention) il n’y aurai plus de lait produit. Le revenu moyen au Danemark en 2009, -120 000€ vivent le libéralisme et aux Pays bas avec des structures amorties sur plus de 20 ans (à peine une dizaine en france) le revenu 2009 est de 1200€, mais seul la France est inadapté évidement c’est toujours plus beau chez le voisin. quand à l’Allemagne sans la méthanisation les fermes s’écrouleraient, question vaut-il mieux augmenter l’électricité en France de 50% ou le lait de 10 centimes ? Ce point de vue est trop idéologique, pour que son argumentation est une efficacité économique. Aller sur le site apli-nationale.org, ou prier votre veau d’or, pour moi l’état doit tout est aussi stupide que l’état doit rien, l’économie doit être le meilleur moyen d’augmenter le niveau de vie mondial, mais on est pas compétitif, vite supprimons 1/3 des paysans, on arrivera plus vite à 5 millions de chômeurs, ce qui est tellement plus éfficasse
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« Le secteur est passé sous complet contrôle de l’Etat, qui mobilise un nombre de fonctionnaires supérieur à celui des exploitants » Ce serait super d’avoir la source de cette affirmation, c’est-à-dire connaître le nombre d’exploitants ainsi que le nombre de fonctionnaires assignés aux 300 subventions agricoles.
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