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International > États-Unis > Si la voiture boit la tasse, c’est que le bateau coule !

Économie américaine

Si la voiture boit la tasse, c’est que le bateau coule !

lundi 5 juillet 2010 - Vincent Bénard - 0 message(s)

À quoi voit on que les USA vont très probablement s’enfoncer dans une "double dip" récession ?

Pessimisme routinier

Aux inquiétudes de la banque des règlements internationaux, qui, après avoir sorti une étude très pessimiste sur la soutenabilité des dettes publiques (déjà évoquée ici), récidive et lance un avertissement sévère (malgré le langage châtié) aux états ? Un extrait :

« A l’inverse, les banquiers centraux réunis à Bâle ont souligné l’urgence de mesures d’assainissement des dettes publiques. "Conjugués aux vulnérabilités qui subsistent dans le système financier, les effets secondaires de soins intensifs appliqués sur une période aussi longue ne sont pas sans créer des risques de rechute", anticipe dans son communiqué la banque des banques, qui a jugé qu’un maintien exagérément long des mesures extraordinaires de soutien risquerait de créer des banques ou des entreprises "zombies", trop dépendantes des aides publiques. »

Mais ce ne sont que des banquiers centraux, après tout, qui sont ils pour contester la science d’un Paul Krugman ou d’un Joe Stiglitz ?

Peut on craindre le pire en constatant que le stock de maisons à vendre du seul fait des faillites personnelles atteint 16 fois le volume actuel des ventes mensuelles, promettant une nouvelle chute brutale des prix immobiliers (également pronostiquée sur Forbes) à des niveaux jamais vus depuis des décennies ? Bon, vous me direz que ce n’est qu’un indicateur parmi d’autres, et que l’immobilier n’est pas toute l’économie américaine. Certes.

Et vous pourriez encore trouver mille et une raisons d’espérer que malgré tout, un début de commencement de "reprise", malgré la multiplication des Cassandre qui vous disent qu’elle n’est qu’un mirage.

Crédit auto : sur les traces des prêts immobiliers ?

Non, ce qui devrait vraiment faire comprendre à tout le monde que cette fois ci, les USA vont être aspirés au fond du trou, c’est que les américains commencent à faire massivement avec leur crédit auto ce qu’ils ont fait avec leur crédit immobilier : ils laissent tomber, de plus en plus massivement. Ils tentent de revendre leur crédit et leur voiture, au fur et à mesure que leurs indemnités de chômage chutent.

Et si les américains se mettent à abandonner leur voiture, là... Le mouvement est prononcé essentiellement dans les quatre états les plus bullaires (Ca, Az, Nv, Fl), et, Ô symbole décadent, dans le Michigan, berceau de l’automobile américaine.

Si vous voulez faire de bonnes affaires, c’est ici : les prix sont vraiment cassés. Mais évidemment, il vaut mieux habiter là bas.

Blague à part, si le phénomène prend encore de l’ampleur, ce sera une nouvelle source de dégradation des fonds propres bancaires. Qui n’en avaient pas vraiment besoin. Plus l’immobilier commercial. Plus les dettes souveraines. Plus la seconde vague de "resets" de prêts variables...

Châteaux de sable en péril

Il était totalement vain, de la part des gouvernements, de prétendre combattre une crise du surendettement par plus de surendettement. Et nous allons payer très cher l’entêtement des états à vouloir dépenser toujours plus d’argent qu’ils n’avaient pas pour "sauver" le système financier.

Ludwig von Mises a caractérisé assez brutalement les possibilités de sortie d’une crise de surendettement :

“There is no means of avoiding the final collapse of a boom brought about by credit (debt) expansion. The alternative is only whether the crisis should come sooner as the result of a voluntary abandonment of further credit (debt) expansion, or later as a final and total catastrophe of the currency system involved.”

Les gouvernements ont choisi la seconde alternative, en prétendant empêcher l’économie de sombrer. Résultat, la voie d’eau qui nous emportera n’en sera que plus béante.

Sur le Web Economie US : si la voiture boit la tasse, c’est que le bateau coule !

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Article repris avec l’aimable autorisation de son auteur. Image : siège de GM à Détroit. Auteur Flibirigit, image libre de droits.


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Vincent Bénard

Vincent Bénard, né en 1968, est analyste à l’Institut Turgot (Paris) et, depuis mars 2008, directeur de l’Institut Hayek (Bruxelles).

Ancien ingénieur au ministère de l’équipement français et diplômé de l’École Nationale des Travaux Publics de l’État (promotion 1990), il est spécialisé sur les thématiques du logement. Il a en particulier publié en novembre 2007 Logement, crise publique, remèdes privés. Il y dénonce les politiques publiques du logement qui ne font qu’empirer la situation, alors que seule une libération du foncier et un recours accru aux acteurs privés pourrait résoudre la « crise publique » du logement.

Spécialiste du marché immobilier, il s’est en particulier penché sur la crise des subprimes, soulignant l’importance de la responsabilité du gouvernement américain qui a encouragé un endettement excessif par le Community Reinvestment Act de 1977 ou par l’incitation donnée à Freddie Mae ou Fannie Mac d’accorder des montants déraisonnables de crédits.

Il est le co-auteur avec Pierre De La Coste du rapport L’hyper-république, bâtir l’administration en réseau autour du citoyen, rapport sur la réforme de l’État remis à Henri Plagnol, secrétaire d’état à la réforme de l’État, le 10 janvier 2003.

Il a enseigné dans plusieurs établissement comme l’université Paris IX-Dauphine au sein du DESS Technologies de l’information et organisation ou à l’école des Mines de Paris.

Il a été cité en 2003 parmi les « 20 Leaders d’opinion à suivre » par le magazine CMS-Watch.

Dernier ouvrage paru : Logement, crise publique, remèdes privés, 2007.

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