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Le problème réside dans l’absence de droits de propriétéLe business du Mundial
vendredi 11 juin 2010 - Lucilio
Quand l’État intervient et règlemente le sport, il utilise forcément cette large tribune pour endoctriner.

Simon Kuper et Stefan Szymanski assurent, dans leur livre Soccernomics, que la seule motivation qu’ont les pays développés pour appuyer les tournois de football serait « d’améliorer la sensation de bien-être » des citoyens en les regroupant derrière un objectif commun. La réalité est que, dans un cercle vicieux, les États profitent surtout de l’occasion ainsi offerte pour faire leur propagande et la renforcer.
La deuxième édition du Mundial de football se joua en Italie en 1934. Des publicité montraient un joueur faisant le salut fasciste. Des arbitres permissifs laissèrent l’Italie gagner. Après les Jeux olympiques de Berlin de 1936, inaugurés par Hitler, au Mundial de 1938, l’équipe italienne saluèrent encore une fois à la manière fasciste, gagnèrent et La Gazzetta dello Sport exalta « l’apothéose du sport fasciste dans cette victoire de la race ».
Tout cela n’arrive pas qu’au football, mais chaque fois que l’État se mêle de subventionner les sports. Ainsi, dans ses tentatives de censure, le gouvernement de Vancouver, siège des Jeux olympiques d’hiver 2010, se comporta de la même manière que le gouvernement chinois lors des Jeux de Pékin en 2008. Son budget initial fut multiplié par dix, jusqu’à 6 milliards de dollars. En mentant toujours, selon Chris Shaw, le principal opposant à ces jeux. Le pire cas fut celui des Olympiades d’Athènes de 2004 où furent dépensé 14,4 milliards de dollars dans la construction de 22 complexes sportifs, aujourd’hui abandonnés.
Le gouvernement sud-africain aura investi, selon les estimations, quelques 5 milliards de dollars, alors qu’un tiers de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Le demi-million de visiteurs qui sont attendus ne peuvent pourtant se comparer aux 600.000 touristes mensuels. Par contre, on estime que 3 milliards de téléspectateurs verront beaucoup de publicité.
Beaucoup tirent profit, les promoteurs, la télévision, la presse, les vendeurs de chemisettes, mais surtout la FIFA, qui obtient, de coupe en coupe, des bénéfices nets qui tournent autour des 800 millions de dollars et qui, de la même manière que le Comité olympique international, bien qu’étant une organisation privée, du fait de son négoce avec les États s’apparente surtout à une corporation seulement intéressée à recevoir des fonds étatiques.
Le problème réside dans l’absence de droits de propriété, conséquence des législations qui considère que les clubs sportifs sont des sociétés de personnes et non de propriétaires. Les membres peuvent jouir de l’usufruit, mais ne sont pas les maîtres. Il n’y a pas de politiques dans les hippodromes ou sur les terrains de golf. Car ce n’est pas un problème de sport de masse. Il n’y a pas de politique dans le baseball, parce que les droits de propriété y sont clairement établis et chaque équipe, chaque stade, à un propriétaire. En revanche, quand l’État intervient, règlemente, il utilise forcément cette large tribune pour endoctriner. Un Mundial n’est une bonne affaire que s’il se base sur le secteur privé. Le plus rentable (et avec les stades les plus remplis) fut celui organisé aux États-Unis en 1994, qui coûta seulement 50 millions de dollars à l’État. En Espagne, en 1988, le gouvernement dérèglementa l’activité du football et depuis la majorité des clubs devinrent la propriété d’investisseurs privés. Le Real de Madrid, d’un déficit de 50 millions de dollars devint le club le plus riche du monde, gagnant 466 millions de dollars durant la saison 2007-2008, suivi par le Manchester United, avec 414 millions et le FC Barcelone, avec 394 millions.
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Forum
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Une jolie image qui illustre bien quelques aspects financiers de ce Mundial :
http://www.zerohedge.com/sites/default/files/images/user5/imageroot/summers/World%20Cup%20Economics.png
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Les articles de contrepoints sont habituellement excellents. Ne prenez pas ombrage de ce qui va suivre, mais je dois vous avouer que je ne connais rien au financement du football (je n’ai d’ailleurs jamais regardé un match) et que je n’en sais malheureusement pas plus après avoir lu l’article.
Cependant, ce que je sais c’est que tous les clubs qui ont été cotés en bourse se sont avérés des investissements désastreux et que leurs dettes (quand il sont donc la propriété privé d’actionnaires) sont toujours abyssales. Du coup il me semble curieux de mentionner d’éventuels profits sans parler de la rentabilité globale des capitaux investis qui doit être désastreuse.
D’autre part, il serait intéressant de développer sur la thématique du financement du football à la fois au niveau de la FIFA et au niveau national que les clubs soient sociétés de personnes ou non. Je sens confusément mais de manière pressante que mes impôts qui sont punitifs doivent d’une manière ou d’une autre (commune, département, région, état ?) servir quelque part à financer ce sport qui me désintéresse profondément et qui permet à quelques manants de vivre comme des rois. J’aurais aimé en avoir le coeur net au terme de la lecture de l’article.
Schumarer, Tiger Woods ou les autres ne me coûtent rien (ni à personne en PO) et donc il n’y a aucune jalousie cachée de ma part, ils peuvent gagner autant qu’ils veulent ou peuvent cela ne me nuit nullement et ne me concerne pas.
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Il faut savoir que la plupart des trés gros investissements dans les clubs de foot sont en réalité des blanchiments d’argent.
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Le sport est indéniablement politique. A ce titre, il génère des valeurs politiques. Il est intéressant d’essayer de savoir si ces valeurs sont de droite ou de gauche. Il me semble que la gauche a rompu avec ses valeurs pour se rallier au modèle de droite fondé sur le principe de rendement, de hiérarchie et de compétition. Voir Marie-George Buffet dénoncer le foot-spectacle et se retrouver en finale de la Coupe du monde 98 vêtue du maillot et criant ses encouragements à l’équipe de France, c’est assez schizophrénique. Il y a une défaite politique de la gauche vis-à-vis de la stratégie de développement capitalistique effectuée par le sport de pointe à travers les multinationales privées qui l’organisent tels que la FIFA, l’UEFA et le CIO. L’exemple de l’attribution de l’Euro 2016 à la France est frappant. A gauche, les Verts, le PCF ont signé une lettre de soutien à la FFF. Par cet acte, ils ont fourni un blanc-seing à toute forme de dilapidation de l’argent public. En période de crise, comment la gauche peut-elle ne pas être sensible à l’attribution d’une enveloppe d’1,7 milliard d’euros à la rénovation des stades ? Il paraît incroyable que cela soit des multinationales privées qui décident de ce qu’un Etat doit mettre en œuvre en matière de politique économique.
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