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Argumentaires > Édito > Les boucs émissaires

Les boucs émissaires

mercredi 5 mai 2010 - Lucilio

C’est dans un persistant et irresponsable immobilisme des socialistes espagnols que se trouve le « non sens sans mesure », la « folie absolue » et non pas dans l’attitude des investisseurs, ni des médias internationaux, ni des dirigeants européens qui s’alarment de la solvabilité espagnole.

Un trait caractéristique des gouvernements est de, régulièrement, rendre coupables des démoniaques et soi-disant irrationnels « spéculateurs » de l’échec de leur politique économique et de la perte de confiance dans le futur de leur pays. C’est précisément ce que vient de faire le gouvernement espagnol pour expliquer la spectaculaire chute de la bourse espagnole, alors que s’ancre chaque fois plus dans l’esprit des médias et des experts internationaux l’idée que l’Espagne puisse prendre le chemin de la Grèce. Ainsi le président du gouvernement espagnol a considéré que ces spéculations seraient « une folie absolue, un non sens sans mesure ». « Nous ne pouvons tenir compte des prévisions, des spéculations, des hypothèses sur ce qui pourrait se passer. Nous devons aller aux faits et aux chiffres », a insisté Rodríguez Zapatero.

À part le fait que Zapatero semble douloureusement ignorer le fait que la confiance ou la méfiance des investisseurs dans la solvabilité économique d’un pays se fonde justement sur une hypothèse, sur une prévision, qui anticipe ce qui pourrait se produire dans un avenir incertain, ce sont précisément les faits du présent économique espagnol sur lesquels se basent les mauvais augures. Comme le fait d’un taux de chômage en Espagne qui dépasse les 20% ; et certainement beaucoup plus si l’on sait que ce sont des centaines de milliers de sans emplois qui sont cosmétiquement éliminés des statistiques officielles. Comme le fait qu’un Espagnol sur cinq qui a conservé son job travaille dans la fonction publique. Comme le fait que l’Espagne est le pays qui s’endette le plus rapidement au monde, avec une déficit public qui atteint déjà les 12%. Comme le fait que ce pays a, de manière urgente, besoin d’une restructuration de son système financier, avec des caisses d ’épargnes totalement pourries par la politisation et entraînées vers le fond par leur trop grande immixtion dans le secteur immobilier espagnol totalement à la dérive. Comme le fait, plus grave et décisif, que le gouvernement socialiste espagnol se refuse à libéraliser les marchés, à réduire les dépenses publiques, en bref, à faire les réformes nécessaires pour aborder le futur, préférant se cantonner à la démagogique lutte idéologique, qui poursuivant à travers l’Espagne les dernières statues de Franco, qui distribuant dans les écoles des manuels d’éducation sexuelle où l’on apprend aux moins de 12 ans comment se masturber, qui faisant passer en force une loi facilitant encore plus l’avortement, etc.

C’est là, dans ce persistant et irresponsable immobilisme des socialistes espagnols que se trouve le « non sens sans mesure », la « folie absolue » et non pas dans l’attitude des investisseurs, ni des médias internationaux, ni des dirigeants européens qui s’alarment de la solvabilité espagnole – tel que, par exemple, Volker Kauder, le chef de la CDU au parlement allemand et bras droit d’Angela Merkel, qui parle maintenant ouvertement de réfléchir à la « faillite ordonnée » des PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne).

La fuite des investisseurs et les doutes croissants sur la solvabilité espagnole ne surgissent pas du néant, mais sont bien les conséquences prévisibles et logiques de la désastreuse politique des socialistes espagnols depuis maintenant six ans. En février, la bourse avait déjà tiré un coup de semonce que le gouvernement espagnol a ignoré, comme à son habitude depuis deux ans et le début de la crise économique mondiale. Maintenant, Zapatero va se réunir avec le chef de l’opposition. Y a-t-il un espoir de voir quelque chose de positif en sortir ? Difficile à dire. Ce genre de réunion n’a de sens seulement si, comme ce fut le cas au Portugal, le gouvernement et l’opposition se mettent d’accord pour engager des réformes drastiques, nécessaires même si impopulaires, pour remettre à flot l’économie. Si l’intérêt que poursuit Zapatero avec cette réunion se limite à la photo de groupe de rigueur, on peut être sûr que l’on n’a pas fini d’entendre récriminer contre les « spéculateurs ».

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Forum

  • Les boucs émissaires
    mercredi 5 mai 2010, par Tremendo

    D’accord sur tout.

    Ceci dit, ce qui provoque surtout la fuite des investisseurs de l’Espagne hier à la bourse est cette rumeur des 280 milliards d’euros que le gouvernement espagnol devait demander au FMI, pas tant que ça la situation actuelle désastreuse de l’Espagne et de l’Europe. Une rumeur totalement infondée et contestée, qui n’a pas eu lieu, mais qui sans nul doute aura lieu dans quelques mois, 1 an ou 2, car Zapatero ne fera à peu près rien comme il a toujours fait depuis 6 ans et laissera le fruit pourrir. La question est : Pourquoi cette rumeur ? A qui profite le crime ? On peut pas balancer des fausses informations sciemment provoquant un préjudice. Tu peux pas balancer des fausses rumeurs graves sur une star pour que tous ses sponsors résilient les contrats par la suite c’est de la diffamation. De la même manière tu ne peux pas balancer une fausse information sur les marchés financiers pour profiter de la baisse des actions des entreprises espagnoles et de l’obligation d’Etat espagnole. Que je sache, ce genre de fait est puni par la justice.

    Autre chose est qu’aucun Etat ne devrait pouvoir emprunter de l’argent, et encore moins émettre de la dette, car il engage l’argent du contribuable qui n’est pas à lui. En attendant, il devrait y avoir des interdictions constitutionnelles à ce sujet.

    • Les boucs émissaires
      jeudi 6 mai 2010, par Georges S.

      D’accord avec ce commentaire : la situation difficile de l’Espagne ne date pas de la semaine dernière. Cette rumeur surfe qui plus est sur les tricheries de la Grèce et exploite la peur d’un "et si c’était pareil avec l’Espagne ?".

      La solution pour les dirigeants Espagnols est une opération transparence ; ce à quoi les dirigeants politiques de tout pays ne sont pas habitués.


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