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Économie > Économie générale > Slate : L’Amérique sous la menace d’une crise grecque

Slate : L’Amérique sous la menace d’une crise grecque

jeudi 25 février 2010 - Anne Applebaum

L’Amérique pourrait bien un jour prochain se retouver dans la même situation que la Grèce. Le Midwest ne sera pas recouvert de ruines anciennes et les Texans ne troqueront pas leur hamburger pour de la feta. Je veux dire que la crise financière grecque est comparable à ce que pourraient connaître les Etats-Unis dans quelques années s’ils continuent à faire les mêmes erreurs que les Grecs au cours des dix dernières années.

Vous n’avez pas suivi cette saga ? C’est très simple à résumer : la Grèce a fait faillite. Et bien que la faillite de la Grèce ait défrayé la chronique seulement la semaine dernière (le grave état financier d’Athènes menace la stabilité de l’euro), la vérité, c’est que la Grèce est en faillite depuis plusieurs années. En 2009, son déficit budgétaire représentait 12,7% de son PIB (produit intérieur brut) ; sa dette globale n’atteignait pas moins de 113,4% de son PIB. Ce ne sont pas des situations qui se créent du jour au lendemain.

Très faibles investissements étrangers

Certains des problèmes que rencontre la Grèce sont très spécifiques. Le système juridique du pays est complètement désuet, la bureaucratie semble tout droit sortie d’un roman de Kafka, et certaines de ses lois sont d’une complexité inutile, pire qu’aux Etats-Unis. A titre d’exemple, le Wall Street Journal nous apprend que la Grèce est pratiquement le seul pays développé à ne pas disposer d’un système de cadastre centralisé et informatisé. Par conséquent, des agriculteurs pourraient exploiter en douce des terrains publics et en devenir finalement les propriétaires de facto. En outre, comparée au reste de l’Europe, l’économie de la Grèce est particulièrement fermée. Les obstacles à l’implantation d’une activité commerciale sont très nombreux, aussi bien sur le plan juridique qu’informel, ce qui explique en partie que le niveau d’investissements étrangers dans le pays soit l’un des plus faible du monde.

[..]

Et l’Amérique ?

Sur un plan un peu différent, les Etats-Unis ont une faiblesse qui s’apparente à celle de la Grèce. Bien que ses problèmes soient différents, l’Amérique est elle aussi paralysée politiquement, avec une politique fortement partisane. Impossible de réformer la sécurité sociale américaine. George W. Bush a « essayé » sans conviction ; en fait, il a abandonné avant même de commencer véritablement. La réforme santé demeure incertaine. Hillary Clinton n’a pas réussi. Quant à Barack Obama, malgré sa coûteuse tentative d’édulcorer son projet, il risque lui aussi d’échouer sur ce front. On ne peut pas diminuer l’influence des lobbyistes. On ne peut pas dompter la capacité des groupes d’intérêts à influer sur les lois. Certes, les agriculteurs américains ne squattent pas les terrains appartenant au gouvernement fédéral, mais certains d’entre eux dépendent d’énormes subventions perturbatrices, qu’on ne peut apparemment pas réduire.

Heureusement que Washington n’a pas besoin de remettre ses statistiques financières à une entité supranationale comme la Commission européenne. Nul besoin, donc, de mentir aussi franchement sur les chiffres. Mais outre le gros déficit budgétaire des Etats-Unis à l’heure actuelle (9,9% du PIB, et il est en hausse), la Maison Blanche a également un passif rarement reconnu. Les coûts de Medicare et de Medicaid sont en train d’augmenter, de même que le coût des soins réservés aux vétérans. Les marchés considèrent que les immenses dettes liées au sauvetage des établissemenys de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac sont pris en charge gratuitement par le gouvernement américain. Et il se peut que ces institutions demandent au gouvernement de les financer de nouveau à l’avenir. Personne ne ment à ce sujet, mais il faut dire qu’on n’en parle pas beaucoup.

[..]

Lire l’article sur Slate.fr (en français) ou Slate.com (en anglais)

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- Photographie : Horloge de la dette américaine. Photographie de Johan Fr Øhman, sous licence CC Paternité 3.0

- A lire également sur Contrepoints, d’Anne Applebaum : Goulag, une histoire


Forum

  • Slate : L’Amérique sous la menace d’une crise grecque
    samedi 27 février 2010

    Je ne vois strictement pas la relation entre ces éléments sensés démontrer une potentielle crise américaine similaire à la crise grecque. Eléments de comparaisons si peu identiques, exemples totalement incongrus...

    J’y vois même l’antithèse quand bien même la thèse est supposée être développée.

    Quelle pertinence du faible taux d’investissements étrangers en Grèce ?? De la non centralisation du référencement parcellaire ??

    "Sur un plan un peu différent, les Etats-Unis ont une faiblesse qui s’apparente à celle de la Grèce." Le tout petit dénominateur commun de deux systèmes radicallement différents qui pourraient éventuellement expliquer une similarité de entre ces deux pays dans la dessein de cette crise ?

    Ce développement est si peu tenu, si peu cohérent que je pense même à un calembour visant à tester de façon démocratique l’esprit critique du commun des mortel.

    Stupéfiant.


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Des mêmes auteurs

Anne Applebaum

Anne Applebaum (née le 25 juillet 1964), est une journaliste et écrivaine, lauréate du prix Pulitzer, qui a écrit sur le communisme et le développement de la société civile dans l’Europe de l’Est, l’Union soviétique et la Russie. En 2006, elle est éditorialiste et membre de la rédaction du Washington Post.

Née à Washington en 1964, elle est diplômée de la Sidwell Friends School en 1982. Elle fréquente l’Université Yale, puis la London School of Economics et le Saint Antony’s College à l’Université d’Oxford, avant de s’installer à Varsovie en 1988. En tant que journaliste pour The Economist, elle a couvert les changements sociaux et politiques en Europe de l’Est, avant et après la chute du mur de Berlin en 1989. En 1992, elle est récompensée du Charles Douglas-Home Memorial Trust Award.

Son œuvre la plus connue est sa synthèse sur l’histoire du Goulag, saluée par la critique, et qui comble un vide non négligeable dans l’historiographie. Achevé en 2003 au terme de plusieurs années de recherches et d’enquête sur les lieux, le livre a été traduit en de nombreuses langues. Sa parution française a eu lieu en 2005 chez Grasset (Goulag. Une histoire). C’est cet ouvrage qui lui a valu le prix Pulitzer, la plus haute distinction journalistique américaine.

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