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Rien de plus nocif que le capitalisme d’Etat !

jeudi 16 avril 2009

On en apprend tous les jours. Selon les dires de certains de mes camarades de fac, nous serions tous exploités par des entrepreneurs qui n’auraient qu’une envie, c’est de nous le mettre, pardonnez-moi, bien profond. Je trouve ce genre de comportement totalement insultant à l’égard des enfants qui souffrent réellement dans les pays en voie de développement et qui sont vraiment exploités. Mais à qui la faute ?

Le capitalisme d’Etat, pardi ! Alors qu’est-ce donc que ce machin ? C’est ce qu’il se passe dans bien des pays, comme la Chine, l’Indonésie ( dont j’ai lu livre très instructif sur le sujet détaillant les années 90 ) et il est fort probable que l’Egypte subisse le même sort si le fils de l’actuel chef d’Etat qui se dit libéral prend le pouvoir. Dans un grand nombre de pays asiatiques, qui ont connu de véritables régimes autoritaires, la caste dirigeante qui s’est appropriée le pouvoir s’en est servi à des fins bestiales, au mépris des individus. Tout le monde sait que dans une économie vraiment libérale, tout le monde finit par progresser, les prix baissent, les salaires montent, le niveau de vie monte. Seulement voilà, cette caste donc a bloqué les revenus, empêchant toute progression sociale, au prétexte que cela n’intéresserait plus les industriels. Pendant des années, ce petit manège a duré, jusqu’à ce que les dictatures finissent par chuter et se voir remplacées par des démocraties stables.

C’est toujours la même histoire. Il n’y a rien de plus nocif que le capitalisme d’Etat. Regardez la Chine, où personne n’est responsable de rien, où tout le monde peut faire ce qu’il veut et violer les règles, où on méprise les droits de l’homme et les libertés individuelles, où on exécute les résistants au régime en oubliant pas de faire payer le prix de la balle à la famille de la victime... Et je ne serais pas étonné d’apprendre que les salaires des ouvriers soient bloqués pour attirer toujours plus d’industriels qu’ils soient étrangers ou même chinois, car on l’oublie très souvent, au sein du PC chinois, il y a aussi des gens qui créent leur entreprise. On imagine les méthodes autoritaires de ces derniers...

Le cas indonésien est véridique : dans les années 90 ( et encore aujourd’hui ? ) les politiciens ont favorisé bien plus qu’ils ne le devraient les marques à logo ( ce que vous achetez dans les magasins ) pour leur permettre de s’établir dans leur pays. Pas de règles de droit, impunité totale, et si les ouvriers n’étaient pas contents de vivre dans des conditions totalement abominables qui dépassent l’entendement, l’armée était là pour mieux les mater. Des ouvriers qui souvent venaient du monde rural et qui ont dû fuir ( serais-ce une politique voulue qui aurait été menée par les hommes de l’Etat ? ) pour se retrouver dans ces usines. Je n’ose même pas parler du travail forcé des enfants en Inde ou au Pakistan, ou encore en Tunisie ( là encore, une dictature infame ).

Quelle serait l’alternative libérale ? D’abord, faire ce que les libéraux français ont fait ( car n’oublions pas que la France se retrouvait, au XIXème siècle, dans une situation quasi similaire ) : abolir le travail forcé, permettre le libre choix, le droit de grève, la constitution de vrais syndicats pouvant peser au sein de ces entreprises, mais surtout, favoriser l’éducation des plus jeunes, je pense notamment aux filles dans le cas indien. Pour certains industriels à la botte du pouvoir de ces Etats qui n’ont aucun scrupule ( mais les dictateurs de ces pays en ont encore moins, eux qui devraient plutôt servir les intérêts de leurs peuples respectifs, ça dénote bien un certain état d’esprit ) il vaut mieux ne pas la favoriser, on n’a pas trop besoin de réfléchir ou de faire des études en effet pour tapisser des tapis ou fabriquer des chaussures, et quand on prend des coups du matin au soir, on apprend vite. Donc favoriser l’instruction, l’émergence d’universités, qui ne seraient pas forcément gérées par l’Etat, on s’entend bien ( ou peut-être dans un premier temps ) afin de permettre à tous d’être scolarisés, de faire des études et surtout autre chose que ce qu’ils font actuellement.

Le capitalisme d’Etat, et je le répète une nouvelle fois, n’est pas le libéralisme. On ne peut pas être libéral si on n’est pas un vrai démocrate. Donc exit un grand nombre de dictatures qualifiées par certains de libérales. Ensuite, qu’est-ce que le libéralisme ? C’est une sorte de capitalisme encadré par des règles de droit, des règles essentielles que tout le monde a pour mission de respecter. Vous pouvez créer votre entreprise, vous pouvez voter, vous pouvez dire tout haut ce que vous pensez, vous pouvez faire tout ce que vous voulez mais n’oubliez pas que vous devez respecter telle ou telle règle. Voilà. Et dans bien des pays en voie de développement, ces règles n’existent pas.


- Illustration sous licence Creative Commons : The new China

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