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Les glaciers de l’Himalaya sauvés par le GIEC

lundi 18 janvier 2010

Après le Climategate ou les critiques du MET sur l’alarmisme excessif des prévisions de hausse du niveau des mers, de nouveaux éléments viennent confirmer les craintes de parti pris parmi une coterie de scientifiques du climat. En effet, il est aujourd’hui avéré que les prévisions les plus catastrophiques sur la fonte des glaciers, point majeur du rapport du GIEC de 2007, ne sont fondées sur rien de scientifique, ni quoi que ce soit de sérieux.

Les faits

Remarque préliminaire : cet article présente une version synthétique de l’affaire. Les lecteurs intéressés se référeront à des sites plus complets comme celui du météorologue Anthony Watts.

Le GIEC, par la bouche de Murari Lal, lead author des chapitres sur les glaciers, a reconnu hier que les prévisions catastrophistes du rapport de 2007 sur la fonte du glacier himalayen devaient être retirées du rapport. C’est la première reconnaissance officielle de l’absence totale de fondement scientifique de cette partie. En effet, il est aujourd’hui avéré que la partie du rapport qui prévoyait de manière effrayante la fonte quasi intégrale des glaciers de l’Himalaya avant 2035 n’était en fait que la reprise d’un mauvais article de presse alarmiste, qui reprenait les affirmations d’un scientifique marginal, en les radicalisant...

Détaillons cela : en 1999, Syed Hasnain, un scientifique indien inconnu, déclare dans un entretien téléphonique à Fred Pearce, un journaliste du New Scientist, que d’ici à 2035, une partie du massif himalayen pourrait fondre. Comme le souligne le journaliste, Hasnain n’a mené aucun travail scientifique sur la question ni rien publié dans une revue à comité de lecture et se contente de donner sa prévision de manière informelle. L’article reste oublié jusqu’en 2005. Et pour cause, la prévision semble farfelue et le New Scientist est un journal de vulgarisation, sans comité de lecture ni vocation académique, marqué par l’activisme écologique.

En 2005, l’article émerge quand une association écologiste, le WWF, reprend dans un rapport, "An Overview of Glaciers, Glacier Retreat, and Subsequent Impacts in Nepal, India and China", ces affirmations qui jusque là n’avaient intéressé personne. Le rapport du World Wildlife Fund est un papier militant, qui n’est revu par aucun scientifique mais utilisé pour faire avancer les vues de l’association dans le débat public. Rien d’académique, aucune revue par les pairs.

Pourtant, très rapidement le document du WWF, un organisme militant, se retrouve comme une source majeure du rapport du GIEC sur les glaciers. Apparemment, cherchant un document venant conforter leurs conclusions, certains scientifiques ont présenté ce document comme travail scientifique et l’ont intégré, au détriment d’autres travaux de qualité revus par des scientifiques. La manipulation ne s’arrête même pas là puisque, non content de reprendre les conclusions du document pour en faire la doxa officielle, le GIEC rend les prévisions encore plus catastrophiques. De moyenne, la probabilité d’une fonte intégrale du glacier himalayen devient « très haute » (very high), soit supérieure à 90% selon la terminologie officielle du GIEC. Sans l’ombre d’une hésitation, le rapport du GIEC de 2007 mentionne ainsi : "Glaciers in the Himalaya are receding faster than in any other part of the world and, if the present rate continues, the likelihood of them disappearing by the year 2035 and perhaps sooner is very high if the Earth keeps warming at the current rate". Pire, alors que des scientifiques avaient alerté le GIEC avant que le rapport ne soit publié, ce dernier ne le modifie pas et reprennent volontairement des prédictions fausses. « Fin 2006 [...] j’ai pris connaissance de cette erreur et de quelques autres. C’était après la dernière revue, mais avant la publication, donc on avait encore une possibilité de modifier le texte », a déclaré le professeur Georg Kaser, de l’Institut de glaciologie d’Innsbrück, en Autriche selon une dépêche AFP d’aujourd’hui.

L’accumulation de couches successives d’alarmisme eéveillent cependant de plus en plus les doutes. De nombreux climatologues rappelent ainsi que les glaciers himalayens sont épais de plusieurs dizaines de mètres et qu’aucun glacier ne fond de plus de 50cm par an. Il est donc impossible que la fonte soit aussi rapide, même avec une augmentation catastrophique des températures, qui serait en décalage avec la baisse actuelle. Pourtant le GIEC fait bloc et Rajendra Pachauri de qualifier d’arrogants les scientifiques qui osent remettre en cause ce point du rapport du GIEC (ou tout autre...)

Cependant, comme pour la courbe en crosse de hockey dont la manipulation est désormais reconnue, la pression est telle que le GIEC doit envisager de renoncer. Fred Pearce, l’auteur de l’article du New Scientist, qualifie lui même d’incroyablement paresseuse la démarche du GIEC qui s’appuyait sur un communiqué d’une association écologiste pour faire un état des lieux de la science. De nombreuses réserves avait aussi été émises par des scientifiques, comme Graham Cogley. Mais c’est le tollé médiatique qui force finalement le GIEC à se rétracter progressivement. Murari Lal, lead author des chapitres sur les glaciers, a finalement reconnu hier que ces prévisions catastrophistes devaient être retirées du prochain rapport, car sans fondement... Mais, de même que pour l’affaire de la courbe en crosse de hockey, aucune excuse officielle pour l’instant, aucun correctif officiel...

Comment ça marche le GIEC ? : une synthèse

Reprenons la présentation schématique du processus qui nous a amené là, schéma adapté également presque parfaitement à la courbe en crosse de hockey ou aux prévisions apocalyptiques sur la hausse du niveau des mers de Stefan Rahmstorf :
- Etape 1 : un journaliste écrit un article alarmiste faux, sans vérifier les faits : faute professionnelle
- Etape 2 : une ONG alarmiste militante reprend ces faits sans les vérifier, suffisament convaincue d’avoir raison pour vérifier des prévisions apocalyptiques.
- Etape 3 : l’organisation sensée représenter les meilleurs scientifiques au monde sur la question reprend, dans un rapport qui se veut un résumé de l’état actuel de la science, le même fait avec comme source cette ONG militante (WWF), en empirant encore les faits, sans même les vérifier.
- Etape 4 : sur cette base, on manie l’alarmisme, en arguant de la caution des « meilleurs scientifiques du monde ».
- Etape 5 : un scientifique spécialiste des glaciers de l’Hymalaya signale que ce fait, vérifié par personne, est faux.
- Etape 6 : Rajendra Pachauri, président du GIEC (et nullement un scientifique), le traite d’arrogant et de parle de voodoo science, sans même vérifier les faits, convaincu d’avoir raison.
- Etape 7 : Devant le tollé dans la communauté scientifique ou dans les journaux, certains membres du GIEC commencent à demander à ce que l’on retire la partie concernée du rapport. Ira-t-on plus loin avec des excuses et un correctif officiel ? Espérons le... Au moins, les glaciers sont sauvés par le GIEC jusqu’en 2035...

Aux autres nombreuses erreurs majeures récentes du GIEC, on ajoutera aussi la citation très sérieuse d’une courbe réalisé par un internaute lambda pour.. Wikipédia, présentée comme un travail universitaire revu par les pairs.

Quelles conclusions en tirer ?

Je ne me prononcerai pas sur la qualité des travaux scientifiques du GIEC, je n’en ai ni les capacités ni l’envie. Cependant, on peut et on droit tirer de cette affaire plusieurs conclusions :

D’une part, nombre de scientifiques, de politiques ou d’écologistes s’estiment désormais en droit d’ignorer les principes fondamentaux du travail scientifique tant ils estiment avoir raison. C’est déjà ce qu’avait montré l’affaire fortement médiatisée (hors de France) du Climategate. Pour le climategate, certains scientifiques s’estimaient exonérés de la publication de leurs codes sources ou du respect du Freedom Of Information Act, des points pourtant majeurs, essentiels pour répliquer les travaux et s’assurer de leur validité. Dans le cas des glaciers himalayens, c’est toute une clique de scientifiques ou de militants qui, sans même vérifier les travaux qu’on leur soumet, les prennent en compte parce qu’ils rentrent dans la grille de leurs idées reçues.

D’autre part, ce qui transparait, c’est le blocage actuel du débat scientifique. Quand le président du GIEC déclare, sans même vérifier les affirmations du sceptiques, qu’ils sont arrogants et ne font que de la voodoo science, c’est parce que, par principe, le GIEC considère que les sceptiques ne valent même pas la peine d’être écoutés et que eux seuls ont raison. Les sceptiques sont eux aussi responsables de cet état de fait, il ne faut cependant pas l’oublier. On discerne clairement le blocage du débat scientifique, avec la guerre de tranchées menée dans les médias. L’analyse de Mike Hulme, un climatologue qui n’est passceptique, reste adaptée [1] :

« Il est possible que la science du climat soit devenue trop partisane, trop centralisée. Le tribalisme que montre certains des e-mails qui ont fuités est quelque chose qui est associé plus couramment à l’organisation sociale au sein de cultures primitives. [..] Le GIEC [a une] tendance structurelle à politiser la science du changement climatique ».

Enfin, cet événement, anecdotique mais révélateur, confirme ce que le Climategate ou le rapport Wegman avaient montré aux yeux de tous : le processus de peer review est corrompu par les deux phénomènes que je viens de mentionner. Il ne s’agit plus d’un débat scientifique mais d’une foire d’empoigne, d’un débat politique, où l’on se soutient non en raison de la justesse des travaux mais en raison de leurs conclusions. Au point d’aller prendre ses infos dans des rapports du WWF ou auprès d’obscurs scientifiques dont les pronostics sont tout simplement irréalistes.

Nuances

Il est tentant sur la base de ces erreurs répétées et surtout de cet aveuglement d’une organisation de plus en plus politique de tirer la conclusion que toute la science du climat n’est que junk science. N’allons pas trop vite en la matière. Le réel sceptiscisme est de garder cette méfiance tant vis-à-vis de la thèse de l’origine humaine du réchauffement climatique que vis-à-vis de la thèse de son origine naturelle (activité solaire en particulier). Les deux sont probablement responsables à des hauteurs variables et nombre de scientifiques du climat, quelques soient leurs convictions, font un travail de qualité, sans se laisser prendre par l’alarmisme ou les motivations purement politiques qui sont celles de personnes comme James Hansen ou Phil Jones.

A juste titre, les libéraux sont les plus sensibles aux menaces sur la liberté que représente l’alarmisme des militants d’un écologisme radical, qui a bien peu à voir avec une authentique volonté de préserver la nature. Mais cette méfiance justifiée ne doit pas nous amener à privilégier aveuglément une thèse ou à ne pas étudier les meilleures mesures capables, dans le cadre d’une économie de marché libre, de répondre aux éventuels défis que poseraient un réchauffement climatique important. Soyons sceptiques et prudents mais pas fermés.


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