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lundi 22 mars 2010

Le second tour des élections régionales a confirmé le sévère avertissement adressé au pouvoir en place par les électeurs. Des régions métropolitaines, l’UMP ne devrait remporter que l’Alsace. Le parti socialiste et ses alliés sont proches du grand chelem qu’ils ambitionnaient. Pourtant c’est une victoire par défaut, la gauche ne convaincant pas. En témoignent les victoires par défaut de la gauche dans les Hauts de seine, à Nice ou dans l’Ouest parisien. Pas de vague rose mais une abstention très marquée de l’électorat classique de la droite et du centre.

Plusieurs interprétations sont possibles pour le parti au pouvoir. Certaines sont justes, d’autres complètement inappropriées. Le Monde donne trois interprétations possibles :
- personnalité de Nicolas Sarkozy
- ouverture à la gauche
- stratégie du parti unique

Toutes ces remarques sont justifiées pour différentes raisons assez consensuelles qu’il est inutile de détailler. On peut espérer que renaisse enfin un pôle libéral et centriste dans la droite française. Mais la tentation de l’UMP actuelle semble être toute autre. Alors que, pourtant, l’impopularité de Nicolas Sarkozy coïncide avec son soutien aux mesures les plus interventionnistes et l’abandon de son programme de « rupture », c’est vers le Front National et le « gaullisme social » que lorgne l’état-major du parti présidentiel. C’est Alain Juppé qui déclarait récemment : « Une réflexion s’impose désormais sur le rythme des réformes, la méthode selon laquelle elles sont lancées et préparées, la concertation qui les accompagne, la façon dont elles peuvent être mieux comprises et acceptées par une opinion que la crise déboussole. » Autrement dit, arrêtons de réformer, l’immobilisme est l’option la moins dangereuse. Contresens total qui renforcera l’incompréhension d’un électorat qui avait été séduit par les promesses de rupture avec l’immobilisme chiraquien et la défense archaïque d’un « modèle » sclérosé.

De même, les appels du pied répétés aux électeurs d’un Front National qui avait quasi-disparu n’ont eu pour seul résultat que de le renforcer. Au second tour, le parti frontiste dépasse les 17% des voix. Et pourtant, c’est cette frange de l’électorat que l’UMP entend désormais courtiser, en renforçant l’erreur d’analyse fondamentale qui a fait sa défaite.

Pour faire un parallèle avec le microcosme libéral, l’UMP fait la même erreur qu’Alternative Libérale en 2007 : aller chercher un électorat inexistant à gauche avec des mesures phare qui lui aliènent son électorat naturel. Ce qui chez AL était le soutien à François Bayrou, la dépénalisation du cannabis, l’adoption pour les homosexuels ou l’allocation universelle a été pour l’UMP l’ouverture, un écologisme bon teint, la taxe carbone, l’abandon de toute idée de réforme de fond. C’est son électorat que le parti présidentiel doit aujourd’hui reconquérir. Le reconquérir au centre droit, parmi les tenants d’un libéralisme modéré, soutiens de réformes de fond, courageuses, sur le droit du travail, les retraites, la sécurité sociale ou le logement. A oublier cela et à se faire le héraut d’un ultra-interventionnisme archaïque, l’UMP et Nicolas Sarkozy se condamnent aux mêmes défaites que celle de ce soir, pour de nombreuses années.


Image : Logotype publi

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